mardi 11 août 2009

Japanese Whispers

Après l’implosion du groupe lors du Pornography Tour, Robert Smith se met à suivre plusieurs activités en même temps : guitariste intérimaire des Banshees, duo conceptuel The Glove avec son grand pote de l’époque Steve Severin, revirement artistique complet pour The Cure avec son copain d’enfance Lol Tolhurst. C’est aussi l’époque des « vacances chimiques » passées dans l’appartement londonien de Severin. Plutôt qu’un véritable album, Japanese Whispers est une compilation des quelques singles de l’époque et de leurs faces B. Let’s Go to Bed est le premier de ces singles, réalisé à l’époque comme une provocation à destination de la presse, de l’industrie musicale mais aussi du public. Robert Smith ne savait plus à l’époque s’il devait continuer l’aventure The Cure ou s’il lui fallait y mettre un terme définitivement, en réalisant un dernier disque, antithèse de ce qu’ils avaient produit jusqu’alors. Contre toute attente, Let’s Go to Bed fait un carton, aux Etats-Unis notamment, ce qui offre de nouvelles perspectives au groupe. Le côté pop, ultra accessible, volontairement commercial de ce morceau déclenche les foudres des fans de Pornography et les critiques acerbes de la presse qui ne sait décidemment plus que penser de cet ovni de groupe. Le clip (première coopération avec Tim Pope) est à l’image du morceau : candide, enfantin et passablement ridicule par instants. Cependant il définit la nouvelle image et le look revisité des Cure, premiers pas de ce qui s’imposera au monde avec l’époque de The Head on the Door, quelques années plus tard. Puis The Walk et The Love Cats suivent et remportent également un énorme succès (The Love Cats tout particulièrement qui reste à ce jour le single du groupe le mieux classé aux UK Charts). Période vraiment barrée question excès en tous genres, c’est également une époque d’extrême créativité avec des mélodies uniques, que seul Robert Smith est capable de délivrer : l’intro et la basse de The Love Cats, l’improbable Speak my Language, les méconnus The Dream ou The Upstairs Rooms. C’est avec Japanese Whispers que The Cure débute l’exploration du côté pop de leur talent et c’est ainsi que tous les albums suivants auront leur lot de morceaux pop et d’autres plus sombres. Cette ambivalence sera désormais la marque du groupe et permettra à leurs albums d’atteindre un équilibre frisant souvent la perfection. A ceux qui ne voient en Japanese Whispers qu’un album pop uniquement, je recommande l’écoute de Lament (l’un des morceaux les plus sombres du groupe, écrit à l’origine avec Steve Severin) et de Just One Kiss.

Titres incontournables : l’album au complet.

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