mardi 11 août 2009

Disintegration

L’année 1989 voit la sortie dans les bacs de cet album majeur, peut-être le meilleur de Cure. C’est un véritable chef d’œuvre, de bout en bout. Les chansons y sont assez longues, la plupart dépassant allègrement cinq minutes, pour la plupart de magnifiques balades (pour ainsi dire) où Robert Smith replonge dans le passé, les drogues hallucinogènes, la mélancolie suicidaire… charmant programme en perspective. Disintegration remporte dès sa sortie (précédée par le single Lullaby et son clip mémorable), un vif succès auprès du public et de la presse. Une fois de plus, ce nouvel album se vend mieux que le précédent, comme à chaque fois. Ce n’était pas gagné d’avance compte tenu de l’ambiance plus que morose véhiculée par ce LP. Leur maison de disques a tout tenté pour le faire modifier, le qualifiant de véritable suicide commercial. Ils ne comprenaient tout simplement pas comment un groupe pouvait vendre autant de disques avec une musique ayant davantage sa place dans les oraisons funèbres que sur les ondes radio. Disintegration a pourtant à son actif quelques singles imparables (Lullaby, Lovesong, et dans une moindre mesure Fascination Street et Pictures of You). Hormis ces singles, on trouve des morceaux indémodables car intemporels tels que Homesick, The Same Deep Water As You, Disintegration ou Closedown. Une version live de l’album, amputée de plusieurs morceaux, intitulée Entreat, est sortie quelques temps après au profit (je crois) d’une association caritative. Relativement difficile à trouver aujourd’hui, elle est reconnaissable à sa pochette, où l’on voit Robert Smith revêtir une chemise bleue à pois, d’aussi bon goût que le clip de Charlotte Sometimes… Les versions live sont très fidèles aux versions studio mais valent néanmoins le détour, Homesick et Disintegration tout particulièrement. Les claviers de Roger O’Donnell, nouvel arrivant au sein de The Cure, ont beaucoup apporté au son de l’album, et à son unité. O’Donnell, pour sa part, se demandait ce que Tolhurst faisait encore dans le groupe, ce dernier ayant définitivement touché le fond et ne participant quasiment plus du tout ni aux enregistrements ni aux concerts. Il fût d’ailleurs renvoyé du groupe après le Prayer Tour. Il sera difficile pour Robert Smith et sa bande de se remettre de cet album et de cette tournée éprouvante. Quelques années seront nécessaires avant de produire un nouvel opus.

Titres incontournables : l’album au complet.

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